DEBUTER UNE PSYCHOTHERAPIE

"Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas"

Lao Tseu.

Dao de Jing. -600 av JC.

Débuter une psychothérapie est une vraie décision, qui, souvent, n'est pas facile à prendre. Beaucoup de questions arrivent avant de se lancer : J'en ai envie, j'en ai besoin, mais, j'ai peur... Et qu'est-ce-que je vais dire ? Qu'est-ce-qu'on va penser de moi ? N'est-ce pas un signe de faiblesse ? En faisant des efforts, ne pourrai-je pas y arriver seul ?

En réalité, pendant toute la durée de votre thérapie, vous constaterez en vous-même ce double mouvement. Il est tout à fait normal, et devient même un outil de travail. Cette ambivalence vient de notre inconscient.

 

Petite explication...

 

A l'intérieur de nous, existe une sorte de "placard", dans lequel nous rangeons tout ce qui nous dérange et que nous ne voulons pas voir : Nos souvenirs traumatiques, nos angoisses secrètes et plus généralement, toutes les idées qui nous mettent pas à l'aise... C'est notre inconscient. C'est assez pratique car une fois le placard fermé, nous n'y avons plus accès et cela allège notre quotidien, puisque tous ces éléments sont ignorés.

Le problème.... c'est qu'invisible ne signifie pas inexistant. A l'intérieur du placard, les problématiques sont actives et cherchent plus ou moins à s'exprimer. Parfois sans trop de conséquences (labsus, actes manqués, rêves...) parfois de façon plus lourde (symptômes, cauchemars, répétitions de choix problématiques, incapacité à changer ce qui ne nous plait pas en nous...) Faire une thérapie, c'est  décider d'une alliance avec le psychologue, pour sortir de l'inconscient ces éléments douloureux. C'est les mettre en lumière, les laisser s'exprimer, pour les comprendre, pour les soigner et pour ensuite, les archiver. Autant dire qu'une partie de nous-même est très motivée, et qu'une autre... fait de la résistance.

Dans le quotidien, chacun compose avec ses difficultés ou ses angoisses. On s'adapte, on "fait avec", parfois pendant de nombreuses années. Et puis, un jour, on décide que ça suffit : soit parce que les symptômes deviennent trop bruyants, soit parce qu'on sent qu'à force de faire des compromis avec soi-même, on se retrouve dans une vie qui n'est pas la nôtre. Ce jour-là, on accepte de regarder en face la partie sombre de nous-même pour soigner en profondeur nos maux intimes. C'est un vrai choix, une décision, une liberté. 

L'inconvénient, c'est que tout cela prend du temps alors que, bien sûr, on voudrait des résultats tout de suite. Mais ce temps est une nécessité. Ces "résistances" de notre inconscient nous ralentissent, mais elles nous protègent également. Elles nous permettent de digérer les informations au fur et à mesure, elles nous préparent à "entendre". Si l'on passe par des moments éprouvants dans une thérapie, il n'est pas question d'être brutal, les résistances sont donc un filtre naturel très important.

Bien sur la relation que l'on a avec son thérapeute est la fondation de toute cette construction. Il est donc essentiel de se sentir bien avec la personne qui va nous accompagner, mais aussi avec sa méthode. Il existe plusieurs approches, il n'y en a pas de meilleures que d'autres, mais il y en a qui nous correspondent plus que d'autres. Pour savoir comment cela se passe au cabinet, vous pouvez lire ici

Enfin, rassurez-vous, on ne réussit pas à "tout dire" et à déposer "toutes les armes" dès la première séance. C'est normal. Il faut se sentir en confiance, prendre ses repères, expérimenter l'espace et la méthode, et petit à petit, s'y sentir suffisamment bien pour laisser la parole se libérer.

 

Mais...  Si dès le départ, vous vous sentez très (trop) ambivalent, alors peut-être est-ce le signe qu'il vous faut réfléchir encore un peu... Ce temps de réflexion ou de "décantation" n'est pas perdu. Il est nécessaire, pour qu'ensuite, le jour où vous démarrerez vraiment, vous puissiez surmonter les obstacles qui se présenteront...

 

Et si vous vous sentez prêt, alors lancez-vous...

Le chemin grimpe parfois fort, mais la vue est magnifique...